Donner vie aux échecs 2/3

Le Je Dans Le Jeu

Mon Action

 

Cet article fait partie de la série Donner vie aux échecs.

 

Durant le stage pratique, j’ai effectué plusieurs actions, passant du jeu avec un enfant à donner une leçon sur le clouage à un groupe, mais aussi jouer et guider un adulte débutant, insister sur des points importants lors de parties… Plusieurs ressources découvertes en stage théorique ont été réutilisées.

Observations et jeu sous l’œil de l’animateur

La première phase de mon stage pratique. Me mettant avec les enfants lors de la leçon (groupe débutant), je puis les aider individuellement si un point restait obscur, sans pour autant interrompre le cours donné par l’animateur habituel. Un adulte en plus parmi les enfants permet aussi un meilleur respect de l’autorité, plus de calme. De mon coté, cela m’a permis un premier contact en douceur avec les enfants, où j’apparaissais comme une aide, et non pas dès le début comme un « prof ». Je gardais cette image lorsque les enfants jouaient entre eux, où j’intervenais de temps en temps, quand la position en valait la peine, essentiellement vis ­à ­vis de la leçon vue précédemment (« Ah, les blancs peuvent faire un échec à la découverte intéressant… »).

Qui dit jeu sous l’œil de l’animateur risque de sous­ entendre relâchement de la concentration. Certains enfants ont su parfaitement illustrer cela. Ne connaissant pas toutes les règles du club, ce que les enfants ont habilement remarqué, je dû mettre en place ma manière de faire, en leur précisant que « oui, avec Untel, vous faîtes peut-­être comme ça, mais là, vous êtes avec moi ». Par exemple, au bout de quelques parties, la fatigue se faisant ressentir auprès des enfants, les échecs ne restent plus un noble jeu sur 64 cases, mais un moyen fort ludique de reconstruire les grands monuments de l’histoire. L’une des premières choses que le très jeune joueur d’échecs apprends auprès des ses pairs est sans aucun doute le bienheureux hasard qui fait tenir un fou, prêt à être éjecté, sur un cavalier. Si encore, cela permet de canaliser l’un ou l’autre enfant, soit. Mais quand notre bâtisseur commence à dévaliser chaque échiquier de leurs pièces légères, la situation devient tout de suite plus lourde à gérer. D’où la nécessité d’indiquer et de faire respecter les règles mises en place vis à vis de l’adulte présent. Je pense que l’enfant comprends très bien, après explication, le besoin de se plier à des règles différentes en fonction des lieux et/ou des personnes présentes (après tout, c’est un exercice qu’il connaît depuis longtemps, étant donné sa vie souvent

« fractionnée » entre la maison (parfois, entre la maison de maman et la maison de papa) et l’école, le périscolaire, le club sportif, chez la grand­-mère…).

Leçon en groupe

Le club qui m’a reçu pour le stage pratique m’a permis de donner un cours, avec les « moyens », pendant une heure environ. Les moyens connaissent toutes les règles et plusieurs manœuvres tactiques. De plus, ils ont déjà participé à plusieurs tournois.

Ayant déjà un peu d’expérience dans l’animation auprès de mon propre club, depuis maintenant quelques mois, j’ai donc feuilleté la méthode que j’utilise pour trouver une leçon appropriée. L’outil que j’utilise est la « Méthode par Étapes ». J’ai donc préparé, dans l’étape 3, la leçon « pièce clouée : à l’attaque ». Cette leçon est intéressante et attirante (gain de matériel), courante dans les parties à tout niveau donc utile. De plus, l’ayant déjà présentée dans mon club, j’en avais une certaine maîtrise, et connaissait les différentes positions. Pour appliquer directement la théorie, j’ai photocopié une partie des exercices prévus par la Méthode (du livret de travail). J’ai tenté, autant que faire se peut, de m’approprier la leçon. Il ne s’agit pas, pour moi, de bêtement sortir le cours devant l’échiquier mural. Au contraire, c’est avec et pour les enfants que je souhaite faire le cours. C’est donc eux mon principal indicateur de la qualité du cours : beaucoup d’enfants ont décroché ? Vais­-je trop vite, trop lentement ? Un enfant prendrait-­il trop de place, décourageant les autres de participer ?

Pour éviter ces soucis ainsi que d’autres, chaque enfant avait devant lui un échiquier. Ils étaient disposé comme dans une salle de classe (la disposition habituelle pour ce club), mais avec de l’espace entre eux. Je privilégie habituellement un demi-cercle. Je présente donc quelques positions typiques, que les enfants expliquent, tirées de la Méthode par Étape. Quant il s’agit de donner une réponse, l’enfant doit regarder si son voisin la connaît. Si tel est le cas, ils peuvent communiquer discrètement, et ainsi comparer. Pour l’instant, c’est le système que je préfère, pour laisser à chacun le temps de réfléchir, et ne pas frustrer les rapides qui veulent à tout prix dire la réponse (la communiquer à un tiers calme leur ardeur). L’autre méthode avec laquelle j’ai eu de bons résultats est celui de la pièce. Chaque enfant a une pièce couchée sur la table (une dame posée sur la boîte de jeu, par exemple). Dès qu’il a une trouvé une réponse, il met debout la pièce. Cela aussi laisse apparaître la satisfaction sur le visage de l’enfant, et du coup, il gagne en patience. C’est une première forme d’intervention de l’enfant dans le cours.

La deuxième est le fait d’inventer des positions sur son échiquier, puis de résoudre celles des autres. Par exemple, pour la leçon sur une pièce clouée qu’il faut attaquer, il s’agit pour chacun de créer, avec les pièces qu’il veut, une position similaire aux exemples étudiés.

La troisième forme d’intervention est un temps ouvert aux questions à la fin de la leçon : faut-­il ré­expliquer un point ? Quelqu’un a-t’­il quelque chose à rajouter ? Lier les choses dans la mémoire permet de mieux se les rappeler. Il va s’agir de lier ce qu’on a vu avec d’autres choses qu’on connaît déjà pour mieux le retenir (exemple typique avec les moyens mnémotechniques : Le PIF (Prendre, Interposer, Fuir) : ils connaissent déjà le nez, on va lier la réaction face à un échec).

En tant qu’animateur d’échecs, je souhaite que les enfants développent leur autonomie et leurs réflexions, pour aller de l’avant et pouvoir progresser aussi bien seuls qu’entre eux. C’est pour cela qu’il y a trois dimensions : l’enfant et l’échiquier mural, l’enfant et l’animateur (quand ce dernier lui demande une réponse, par exemple), l’enfant et les autres enfants (quand ils échangent leurs réponses, par exemple).

Le jeu

Voilà ma troisième forme d’action, celle de jouer directement, avec un enfant ou un adulte. Cependant, je vais surtout présenter le cas de l’adulte, celui de l’enfant n’est pas très éloigné des interventions du jeu sous l’œil de l’animateur. Je m’occupais donc de jouer avec un adulte qui ne souhaitait pas suivre le cours théorique. Étant un peu éloignés, nous pouvions parler sans peur de déranger le cours, et inversement. La tâche est plus ardue qu’avec un enfant, car il me paraît plus difficile d’estimer le niveau d’un adulte: est­ce stratégie, ou erreur ? De plus, comment intervenir, sans vexer la personne ? Pour cela, il s’agit d’être assez précis, pour ne pas ni le sous­ estimer, ni le sur­estimer. Autre chose encore, l’adulte préfère souvent trouver par lui même, pour bien comprendre, plutôt que de recevoir une explication pour parole d’évangile. En ayant ceci à l’esprit, j’ai choisi de privilégier le jeu, intervenant seulement quand une grosse faute (menace de mat, perte importante de matériel…) pouvait nuire à la partie. Après la partie, j’en profitais pour me renseigner auprès de mon adversaire de ses possibles attentes vis à vis de cette partie : un point/un coup qui lui a semblé étrange ? A­t­il compris pourquoi il a perdu ? En fonction de ces réponses, cela me permet d’attirer l’attention sur des points importants, qu’il garde à l’esprit, ce qu’on vérifie tout de suite avec une autre partie.

Voilà, globalement, mon activité auprès des adultes. Ils sont beaucoup plus curieux et « prise de tête » que les enfants. Comprendre par cela qu’ils veulent savoir, comprendre le pourquoi du comment, et le jeu est ici surtout pour appliquer ce qu’ils ont appris. Le plaisir de pousser du bois n’est pas comparable avec celui des enfants, qui se précipitent pour jouer, et qu’importe le résultat, ce qui compte, c’est jouer. Les adultes veulent savoir pourquoi ils ont gagné/perdu.

 

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Par M.Mih

 

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