De l’Aïkido en périscolaire ? 1/5

Petit guide pratique pour l’enseignant novice… et pour les autres ?

De l’Aïkido à l’école
Cadre et objectifs

Pour commencer depuis le début, c’est par ici.

D’un point de vue employeur, nous intervenons en tant qu’animateur sportif. Ceci implique que nous avons la responsabilité d’assurer la sécurité morale, affective et physique d’enfants pour un effectif de groupe variant entre 8 et 14.

De plus, notre étiquette « sport » (car l’Aïkido est assimilé à un sport, voire pire, à une activité sportive) signifie que nous devons initier les enfants à l’Aïkido.

Chance (ou malchance), l’Aïkido bénéficie d’un flou quasi-complet.

Chance, car cela nous permet de ne pas nous battre en permanence contre des préjugés, mais malchance, car beaucoup est à construire pour être accepté dans le domaine des « animations périscolaires ».

Cependant, quand l’Aïkido n’est pas totalement inconnu des adultes, il s’agit souvent de faire face à des idées préconçues, de la plus comique à la plus tragique…

  • « L’Aïkido, c’est bien, car on apprends à se défendre. Alors que les autres sport de combat, on apprends à attaquer »
  • « Le fondateur est mort d’un cancer ? Étrange, l’Aïkido devrait permettre de guérir les maladies »
  • « En Aïkido, il y a beaucoup de théorie la première année, non ? »
  • « L’Aïkido est plus fort que le judo »
  • 
« Le judo, c’est pour les jeunes, l’Aïkido, c’est pour les vieux »
  • « L’Aïkido, le zen… C’est calme, tout ça, c’est apaisant »
  • « Lui, c’est le senseï, il est fort, il ne faut pas l’embêter » (car on doit être fort pour ne pas être embêter ? )
  • 
« En Aïkido, on ne fait que des roulades »
  • 
« L’Aïkido, c’est religieux »

À chacun de rajouter ses perles. Il ne s’agit pas ici de dénigrer le monde entier, tout ces pauvres mortels qui ne saisiront jamais la subtilité d’un ukemi, mais de prendre conscience d’une chose : nous intervenons dans un cadre précis, avec des attentes de ceux qui nous paient, et qui n’ont pas le temps de s’émouvoir devant nos beaux principes.

Définir le cadre, le comprendre et se l’approprier, c’est gagner en liberté, en sachant ce qu’on attends de nous précisément. C’est bien la définition des limites qui nous permettra de gagner en liberté, et de gagner du temps : une personne qui est reconnue compétente aura plus de liberté pour faire ces animations, et expérimenter ce qu’elle souhaite, du moment que le cadre est respecté.
Le cadre, défini par la Ville et quelques personnes gérant l’éducation des bambins, est très simple à connaître. C’est habituellement le lieu où vous intervenez, les horaires, la durée, le nombre d’enfant, le statut (associatif, bénévole, salarié… cela peut changer le regard que l’on pose sur nous), mais aussi la présence du dojo au sein de l’école (la réputation de notre prédécesseur est-elle un bénéfice pour nous ?)…
Posons nous également la question du Pourquoi ? Pourquoi ceux qui nous paient, souhaitent des activités ? Savoir ce qu’on attend comme effet sur l’enfant, permet déjà de ne pas faire totalement fausse route, donc de respecter le cadre, mais aussi de parler un langage commun, un langage pédagogiquement plaisant pour nos interlocuteurs. Après, que cela sonne juste comme des mots creux, ou comme des principes de Vie, cela dépends de chacun. Les mots ont l’importance que l’on leur accorde.
Dans le PEL (Projet Local Éducatif, mis en place par la Ville) 2013, voilà les valeurs que « nous souhaitons transmettre aux enfants » :

  • Se respecter et respecter les autres dans une attitude d’honnêteté.
  • Développer le sens de la solidarité, de la coopération et du vivre ensemble
.
  • S’engager, être responsable et participer à l’évolution sociale, vers plus d’égalité et de respect de la dignité humaine
.
  • Développer le sens critique
.
  • S’ouvrir aux autres et au monde

C’est donc le cadre général. Voilà pourquoi on est là (ne pas oublier, la découverte d’un sport : Aïkido). Un cadre qui, à vrai dire, est vaste, trop vaste. Cela tombe bien, il va encore se réduire un petit peu, grâce à l’Aïkikaï. Si nous sommes là, c’est à travers le Dojo.

Il faut donc respecter ce qu’est notre pratique, ou en tout cas, au moins les contraintes du lieux (si les enfants ont la chance de faire le déplacement) : enlever les chaussures, le respect du lieux en terme de bruit et de propreté…
Et pour finir de délimiter le cadre, il faut rajouter nos limites. Ces dernières sont appelé à évoluer, en fonction de nos expériences et de nos réflexions.

  • Combien de salut, et à quel moment ?
  • Les enfants ont-il le droit de parler ? De rire ?
  • Fait-on des jeux ou des exercices ?
  • Que souhaite-t-on leur transmettre…

Autant de questions qui permettent de véritablement s’engager dans ce qu’on fait, et non de faire du simple « occupationnel » !

La suite : De l’Aïkido en périscolaire 2/5

Par M.Mih

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