J’ai vendu ma voiture, et ça me fait penser….

Quand ai-je commencé à me défaire de mes affaires ? Peut-être que cela prend source en 2013, lorsque je suis rentrée chez moi en Alsace après quelques années d’expatriation dans l’ouest. Je voulais « voyager léger », ce qui signifiait alors que toutes mes affaires devaient tenir dans une camionnette de déménagement. Quand on fait Angers > Strasbourg, c’est mieux de ne pas faire trois allers-retours….

Peut-être que cela a démarré sur un tatami, quand j’ai commencé à pratiquer l’Aïkido et le Zazen ? Une enseignante d’Aïkido, Jenny Flower a dit lors d’une interview que selon elle, dans la pratique de l’Aïkido, il ne s’agissait pas de venir « prendre » quelque chose sur le tatami, mais au contraire lâcher, enlever des couches, comme celles d’un oignon, dans l’espoir de se rapprocher de l’essence profonde de notre être.

– it’s like we’re onions, and deeply we have many many layers that we build up over the years and what we need to do basically, is shade away these layers, and everytime we get closer to what is your essential being. And it’s a really creative process. And basically, everytime you get on the matt, you’re tring to let something go, it’s not about taking something, it’s about letting things go…-

Jenny Flower sensei (In a Brooklyn Aïkikaï vidéo)

Je suis aussi sur la voie d’un minimalisme de circonstances, car c’est une question de projet de vie, et j’aurais pu en choisir un autre… M. Mih et moi-même préférons n’allouer qu’une part limitée de nos ressources au logement. (Plus limitée que la « normale » en tout cas) Le but étant de pouvoir voyager plus librement, notamment dans le contexte de stages d’Aïkido (mais pas que :-)). Et pour vivre dans 20m2 ou moins (à quand la tiny house ?), mieux vaut ne pas s’encombrer de trop d’affaires. Notre déménagement Strasbourg > Colmar tenait (presque) dans une Clio. Que d’étapes franchies en quatre ans !!

Mais fondamentalement, la source de tout ce désencombrement vient peut-être du mot « affaires ». « Je ne veux plus d’à-faire », dit la minimaliste. Est-ce ma personnalité ou l’ai-je héritée de quelque aïeul ? Toujours est-il que l’administratif, ça me casse les pieds. Vendre une maison, vendre un appartement, vendre une voiture…. si vous êtes (un peu) comme moi, cela vous convaincrait peut-être de ne plus jamais vous enchaîner volontairement à de tels boulets organisationnels. Notaires, agents immobiliers, préfecture, courriers, délais de rétractation, fuite au plafond…. Rien que de citer tout cela, je jubile ! Je jubile parce que je sais qu’une fois réglées, toutes ces questions n’auront plus à se poser.

Et c’est ce que je ressens régulièrement depuis que j’ai commencé à trier : mes chaussures, mes livres, mes vêtements, mes casseroles, mes affaires de dessin. Tout ce que j’ai donné ou vendu sont des objets que je gardais « au cas où », mais qu’en vérité je n’utilisais jamais, ou presque. À chaque voiture remplie d’affaires à donner à Emmaüs, je ressentais une poussée d’enthousiasme. Un peu comme de la boulimie à l’envers, du plaisir à l’idée de faire de la place !

De la place pour moi ! Plus d’espace pour exister, plus de temps pour savoir qui je veux être. Donc je cherche. Je cherche dans l’Aïkido, dans les Arts plastiques, en écrivant ce matin dans le train, en simplifiant mon mode de vie. C’est une méthode comme une autre…

Si je parle de « minimalisme » d’ailleurs, c’est uniquement parce que ce mot a du sens pour beaucoup de gens, et que j’en profite pour m’appuyer sur ce « corpus théorique » pour décrire une démarche. « Minimalisme », cela évoque quelque chose, vous trouverez des résultats sur Google si vous cherchez. Vous verrez peut-être une conférence de Béa Johnnson, cette française qui a contribué à populariser le « zéro déchets », et cela avec pas mal de classe. (Ted Talk : « Two adults, two kids, zero waste »)

M. Mih se qualifie ouvertement de minimaliste, sans doute à juste titre. 🙂 Moi non. Je me dirige vers cela, mais je n’ai pas embrassé le concept comme étant une part de mon identité. J’essaye de vivre au plus proche de mes aspirations, c’est tout.

Et je rencontre beaucoup d’objections, beaucoup de questions et beaucoup d’inquiétudes en avançant sur cette voie. posséder des choses, savoir que les autres possèdent les mêmes, c’est rassurant, non ? Ça me rappelle un peu le collège. Avoir un sac Eastpack, des Doc Marteens, un Jeans Levi’s, c’était la clé d’une intégration sociale réussie (pour ceux qui avaient 12 ans dans les années 90, du moins ). On se reconnaît entre gens du même groupe parce qu’on possède les mêmes choses, et qu’on a plus ou moins les mêmes activités.

Peut-être qu’on pourrait fonctionner un peu plus comme le suggère cette vidéo : Nous rapprocher par nos expériences de vie plutôt que par notre look ou nos possessions.

Je disais donc que j’ai vendu ma voiture, et que j’en suis ravie. Je vais arrêter d’en payer l’assurance, j’ai de quoi m’offrir quelques stages d’Aïkido, ou restos, ou mes impôts, selon la manière dont on préfère voir les choses.  Et je deviens un peu moins pollueuse, ce n’est pas si mal !

Me défaire de mes affaires, cela pose la question du ratio temps de travail / temps libre. En ayant moins d’à-faire, j’ai plus de temps « vraiment libre ». Pas de voiture à nettoyer, à amener chez le garagiste, pas de travaux à prévoir parce qu’il faudra bientôt repeindre la façade de la maison, moins de temps passé à choisir une tenue le matin… Toutes ces activités prennent du  temps, et causent parfois du stress et des agacements au quotidien.  Je trouverais intéressant que chacun-e puisse librement questionner son mode de vie et la nécessité ou non de consacrer du temps de vie à ces choses-là. Si cela a du sens, faisons-le ! Si ce n’est qu’une contrainte qui n’apporte pas de satisfaction par ricochet…. alors on pourrait peut-être s’en passer ?

Voyons maintenant ce que j’y gagne, à faire de la place dans mon espace et dans ma temporalité ?

  • Les objets que je « possède », je m’en sers.
  • Les vêtements de ma garde-robe, je les mets (il y a encore une marge d’optimisation). Et j’anticipe avec énormément de plaisir l’achat de mon prochain jean, c’est prévu…
  • Les livres ne se contentent pas d’attendre sur une étagère… je les lis pour de vrai, pour pouvoir ensuite les donner.
  • Quand j’ai « fini » d’utiliser un objet, je le donne à un-e ami-e qui en a l’utilité, ce qui permet de faire plaisir et/ ou d’aider une personne que j’apprécie… Cool !
  • Je dessine et j’écris beaucoup plus, notamment depuis que je me déplace en train.

Prochain objectif pour moi ? Faire en sorte que les choses importantes / épanouissantes / inspirantes prennent, progressivement et tout naturellement plus de place que « le reste ». Je terminerai ce point d’étape avec cette histoire que vous connaissez probablement déjà pour l’avoir vue circuler assez souvent sur Facebook, et qui a le mérite d’illustrer plutôt pas mal mon propos : Le professeur, le bocal et les grains de sable

La suite au prochain épisode !

 

 

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