Le jeûne intermittent testé par une gourmande de première !

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J’aime manger, c’est une de mes plus grandes joies, mais je n’arrive pas toujours à apprécier mes repas comme il se doit : pas le temps, alimentation qui sert de compensation du stress, repas sur le pouce un peu trop systématiques…

Depuis quelques temps je fais régulièrement des expériences de jeûne intermittent, pour voir si cela change mon rapport à l’alimentation, et surtout à l’aspect « compulsion » qui peut parfois intervenir : quand je suis stressée, quand je m’ennuie, quand je suis fatiguée… Autant de moments où la prise de nourriture remplit une fonction autre que le fait de donner à mon corps l’énergie dont il a besoin.

Et si, à ces moments là, je décidais de ne pas manger, disons, avant 18h, au moment où je sors du boulot… comment se passerait ma journée ? Est-ce que je serais coincée par la faim, inefficace ? Ou est-ce que j’arriverais à me concentrer ? Il s’avère que oui, je peux attendre 18h pour manger, et faire mon travail très bien, voire mieux. Chose à la limite du concevable pour moi qui ait toujours eu horreur d’attendre lorsque j’avais faim.

Petite histoire de trois journées de jeûne intermittent…

Jour 1

8h20 –  J’arrive à Strasbourg, mon lieu de travail. Dans la gare, il y a des espaces de vente de nourriture, petits pains et autres chocolats chauds que j’ai appris à aimer au petit déjeuner, depuis… euh… toujours, ou presque ?

J’ai faim.

Je vais au guichet pour renouveler mon abonnement, j’attends avec les autres clients de la Sncf. Une dame passe à côté de moi avec un croissant. L’odeur me fait envie mais la faim est un peu passée. J’ai soif et envie de boire un thé.

J’écris pour patienter, sur mon mobile.

9h00 – Arrivée au travail, je suis rapidement embarquée par le rythme de ce que j’ai à faire aujourd’hui.

Entre midi et deux, je dois rencontrer des intervenants qui sont aujourd’hui reçus dans l’école où je travaille. J’échange donc avec un interlocuteur pro pendant son déjeuner, pour ma part en buvant un thé. (Les expériences de jeûne intermittent me font augmenter de beaucoup ma consommation quotidienne de thé et parfois de café, que je trouve assez efficace comme coupe-faim occasionnel..)

C’est mon premier test de « repas non partagé ». Je n’en suis plus à mon premier essai pour jeûner une vingtaine d’heures, mais pour autant, regarder quelqu’un manger sous mon nez n’est pas forcément chose facile. Aujourd’hui, ça va, l’envie de manger ne prend pas le dessus. Et de plus, je suis concentrée sur la nature de notre échange, le sujet est intéressant.

13h50 – Retour à mon poste de travail, je fais une pause et je suis tentée par quelques amandes qui sont glissées dans mon sac pour prévenir une envie subite de vider la machine a sucreries, juste à côté de mon bureau… J’ai soif.

Je fais plus ou moins une « journée continue » aujourd’hui, trop de boulot pour faire une  vraie pause.  Le fait d’être occupée m’aide à ne pas me préoccuper du fait d’avoir faim, et d’un autre côté j’ai envie de manger pour compenser l’absence de break. Comme si mon corps avait enregistré une équation du type :

Quantité de temps libre sacrifié  x  nombre d’obligations à remplir = taux d’intérêt pour les sucreries du distributeur.

Dans ce cas : ma pause d’1h15 passée à l’as au bénéfice de 20 mails à traiter = j’ai envie de chocolat !

15h35 –  Les amandes me tentent vraiment beaucoup ! Je me prépare une tisane, et puis j’ai plein de trucs à faire, pas le temps !

16h15 – envie de manger !

Je finis par briser le jeûne à 17h15 avec des fruits. 45 minutes plus tôt que l’objectif initial, mais ça me va, je suis contente de ma journée. En rentrant à la maison à 19h30, j’ai l’envie et l’énergie pour cuisiner un repas légumes et viande, c’était bon !!

Jour 2

Ha, aujourd’hui est un défi particulier : je déjeune au resto avec des amis, donc si je veux tenir le concept du « un repas par jour » pendant trois jours, il vaut mieux que je ne mange pas trop de sucres…  (ça donne faim). Donc à éviter : burger, frites, spaghettis, moelleux au chocolat…

Objectif de midi : manger un plat équilibré qui m’évitera d’avoir des fringales ce soir en rentrant à la maison après l’aïkido. Et aussi qui me permette de tenir au moins jusqu’à demain midi…

11h40 – Je ne ressens pas de faim, physiquement. En fait je suis presque un peu frustrée de devoir manger si tôt mon repas de la journée ! Mais les repas sont aussi beaucoup des opportunités sociales, donc si je pratique le jeûne intermittent, c’est plutôt bien que je puisse adapter et fluidifier la question des horaires de repas. Au fond, l’intérêt de ce genre d’expérience, du moins pour moi, est de pouvoir acquérir plus de liberté et non de m’imposer de nouvelles contraintes.

Bilan du déjeuner : sucres évités, mais côté diététique…. Peut mieux faire ! Une très grande salade composée (ok) accompagnée de frites au brie. (Moins ok, mais ça valait le détour c’était super bon ^^ !)

Aujourd’hui j’ai bu 4 cafés ! Beaucoup trop, surtout que je n’aime pas vraiment cela en vérité. C’est juste pour m’occuper, gustativement parlant, parce que le goût est fort !

Demain midi je serai à une réunion de boulot avec « gourmandises » offertes par une collègue. Objectif : S’il y a des choses salées, j’en profiterai pour faire un apéro sympa, mais je préférerais préparer mon repas moi-même après la réunion plutôt que de me nourrir de chips et gâteaux….

Journée de travail bientôt finie. Direction l’Aïkido dans quelques dizaines de minutes. De retour à la maison, j’ai finalement mangé un reste de salade verte et un fruit pour ne pas craquer devant M.Mih qui lui, était entrain de se faire des crêpes Paléo avec du miel et du chocolat 80%. Aujourd’hui j’ai donc fait un repas de midi, et une collation crudités le soir.

Jour 3

Aujourd’hui pas de café ! J’en ai bu 4 hier et je sens que mon bidon n’aime pas ça.
Il va y avoir l’épreuve de la réunion de midi avec « gourmandises à partager ». J’aimerais si possible ne pas manger, mais il y a une histoire de politesse : c’est une chouette collègue qui nous offre cet apéro-dessert, je ne veux pas lui faire défaut… Et puis aussi une histoire de volonté… Mon dernier « vrai » repas remontant à hier midi (un peu de salade verte le soir, c’est plus symbolique que consistant je trouve ^^)… Je pressens que ce ne sera pas simple de résister.

11h49 –  j’ai un peu faim mais surtout méga envie de manger par compensation : une petite contrariété ce matin au travail, ça me donne envie de sucre.

12h30 – les « gourmandises à partager » sont en fait un très bon repas préparé avec entrée, plat, dessert. Des crudités, des toasts, du cake salé… De quoi faire un repas agréablement diversifié, donc je décide de l’apprécier, tout comme mes collègues.

Bilan provisoire

Bilan de ces trois jours : le jour 1 est relativement facile, mais les jours d’après plus délicats, surtout quand j’ai des opportunités sociales à midi. Cela se transforme facilement en une journée organisée ainsi :

  • pas de petit dèj,
  • un repas de midi,
  • une collation crudités le soir.

Un jour (pas si lointain) , je serai auto-entrepreneure, et le problème sera différent : il faudra que je trouve comment manger lorsque je passe une journée en home-working pas loin du frigo…

Je n’ai pour l’instant jamais tenu plus d’une semaine, et dès que je mange du sucre, c’est beauuuucoup plus dur. Mais je me sens moins prisonnière de mes repas, et ça, ça me plaît !

Framagirl (Elodie) 🙂

PS : La très belle photo qui illustre ce billet est l’œuvre de l’Atelier Chez Elles, une agence de com et studio de photo culinaire basée en Alsace, que vous pouvez retrouver sur Facebook ou sur www.atelierchezelles.com

 

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