Une première Sesshin au monastère de Weiterswiller

Le week-end des 1er et 2 juillet, je suis allée avec M.Mih participer à une « Sesshin » pour débutants au monastère bouddhiste de Weiterswiller, dans le nord de l’Alsace. Il s’agit d’une « retraite spirituelle » ou encore « stage de méditation » pour le décrire autrement… Le principe étant de pratiquer Zazen (méditation assise) plusieurs heures par jour, tout en suivant le rythme de vie du monastère (repas, travaux, cérémonies bouddhistes…)

Cette Sesshin s’adressant particulièrement à un public de débutants, les membres habitués proposent un accompagnement spécifique pour accueillir et initier les nouveaux venus.

« Ce sont des traditions millénaires, c’est normal que vous ne compreniez pas tout, et on ne peut pas tout vous apprendre en un week-end, mais si vous avez des questions, n’hésitez pas à vous adresser à un moine ou une nonne ». Kankyo Tannier, Nonne du monastère de Weiterswiller

monastereL’accueil, en effet, était tout à fait bienveillant. Les moines et nonnes sont à l’écoute de questions qui pourraient sembler parfois naïves, et acceptent volontiers les perturbations occasionnées par notre inexpérience. Nos déplacements trop bruyants et nos gestes maladroits, le timing mal respecté lors des rituels… tout cela est accueilli avec des sourires et des gestes complices nous aidant à nous réinsérer dans le tempo du moment.

Le programme d’une journée était à peu près celui-ci (pardonnez-moi quelques possibles approximations):

Le matin à 6h : réveil au son d’une cloche. La retraite est spirituelle, mais aussi numérique : nous sommes priés de ne plus allumer nos téléphones portables du week-end, sauf urgence. Pas besoin de réveil-matin non plus, du coup !
– Zazen et cérémonie du matin.
– Cérémonie du repas (on mange du genmai, une préparation de riz cuit avec des légumes coupés très fins, et que l’on peut agrémenter de sésame et de sauce soja), puis un café / brioche plus informel.
– Un atelier explicatif, notamment concernant le cérémonial existant lors des repas. Nous avons bénéficié d’une démonstration de la manière dont il faut normalement ouvrir et fermer le « paquet » qui contient le bol de chacun.e. (Les repas sont pris dans un bol, avec une fourchette ou des baguettes, et une cuiller à soupe).
– Zazen et enseignements du Maître (des exemples enregistrés sont disponibles par ici, si vous voulez vous faire une idée… >> http://www.meditation-zen.org/fr/podcast-gratuit-zen )
– Repas de midi (qui comprend un cérémonial, tout comme le petit déjeuner)
– « Samou » : les travaux effectués au sein du monastère, pour le bien de la collectivité, essentiellement des tâches ménagères et de fonctionnement, que ce soit à la cuisine ou au jardin. Ils se font de préférence en silence, pour favoriser le calme intérieur.
– Atelier postural : une aide précieuse pour nous aider à trouver une position optimale pendant la méditation.
– Zazen, suivi de l’opportunité (saisie par quelques uns) de rencontrer Maître Wan Ghen en entretien privé pour lui poser une question sur la pratique, la philosophie bouddhiste ou la vie en général.
– Repas du soir
– Zazen : la dernière session avant le coucher.

Le coucher est à 22h15 (au son de deux bois claqués ensemble). Le maître Wan Ghen nous a par ailleurs invités à respecter le silence complet entre la fin du repas du soir et la fin de la cérémonie du repas le matin (au moment du café/brioches, on peut recommencer à parler ! ).

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Les rituels abordés pendant la Sesshin

Parmi les nombreux rituels auquel nous avons participé, j’ai été très sensible à celui qui concerne les repas. Ils se font en silence, et un rythme commun est suivi : posture debout, bol en main, puis posture assise, ouverture des bols (qui sont enfermés dans un tissu joliment noué autour), service de la nourriture, repas, nettoyage des bols avec de l’eau chaude ensuite récupérée et offerte aux plantes du jardin, puis ré-empaquetage du bol en prévision du prochain repas. Tout est rythmé, notamment par des moments où l’on chante des sutras en japonais, qui ont un sens dans le contexte de la philosophie bouddhiste.

Ce cérémonial permet à la fois d’être attentif à ce qu’on mange (on est concentré sur les délicieux plats végétariens et bio préparés au monastère) mais aussi de maintenir une certaine vigilance quant à la posture (on tient le bol en main, on se tient droit, on n’a pas énormément de temps pour se resservir 3 fois ;-)).

D’autres rituels sont abordés au cours du week-end, comme la manière d’entrer dans le dojo (lieu de pratique du Zazen) et dans la salle des cérémonies, le rôle de différentes statues positionnées dans le monastère, la marche méditative (Kinhin), les cérémonies bouddhistes… Et sans doute plein de choses que je n’ai pas remarquées, toute débutante que je suis.

Pourquoi faire une Sesshin ?

monastere-weiterswiller-3J’ai posé la question à quelques personnes, lors des temps informels du week-end:

Un jeune homme allemand avait mis cela sur sa bucket list (liste des choses à faire dans sa vie, vous pouvez d’ailleurs consulter celle de M.Mih par ici > http://education-hacking.fr/2017/01/18/bucket-list-les-101-objectifs-de-m-mih/ ),

– Une maman et son fils : elle était en recherche de temps « pour elle », pour se couper des préoccupations de sa vie quotidienne trop chargée, et c’est son jeune fils qui l’a forcée à sauter le pas en les inscrivant.

– Un belge au tempérament plutôt calme, qui avait pour sa part décidé de rester un mois complet au monastère, pour faire le tri dans quelques grandes questions de vie.

…pour ma part, il s’agit d’une démarche qui trouve sa place dans ma pratique de l’Aïkido. En effet, dans notre école d’Aïkido, (le Birankaï, on pratique régulièrement Zazen, que ce soit pendant les cours hebdomadaires ou lors des stages). T.K. Chiba Sensei, fondateur de l’école d’Aïkido « Birankaï », explique cela dans le texte « Zen et Aïkido » (http://deuxversants.com/?page_id=677)

« Si l’Aikido, en tant qu’art martial, peut être défini comme une façon d’étudier sa propre subjectivité dans la relation avec autrui, (…), on peut considérer le zen comme un principe ou une condition préalable à la discipline martiale, et c’est là qu’on peut trouver une étroite connexion entre l’un et l’autre. C’est en ce sens qu’on peut parler de l’Aikido comme d’un « zen en mouvement ». TK. Chiba Sensei

Plus d’infos

Programme 2017 du monastère de Weiterswiller

Un TED Talk inspirant de Kanyo Tannier, Nonne du monastère de Weiterswiller

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