Cheminer vers le « zéro déchet » : l’aventure ne fait que commencer.

Ceci est un article invité, rédigé par Mélanie Goerke, militante écologiste et féministe, et aussi, …une amie, qui partage notre intérêt pour les modes de vie alternatifs et les arts martiaux ! Que du bon… 😉 Elle te raconte (et à nous aussi par la même occasion), comment se sont déroulées ses deux dernières années de jeune pratiquante du « Zéro déchet ». Je te laisse découvrir l’aventure ci-dessous.

Melanie-Goerke

Un peu de moi, en vrac

Il y a un peu plus de deux ans, je me lançais le défi de passer au « zéro déchet » (ou réduire le plus possible le contenu de mes poubelles) : par goût du challenge, préoccupations écologiques et besoin profond de transformer mon mode de vie. J’ai eu le temps de tester, de revenir en arrière, d’y replonger, de me poser plein de questions, de désencombrer ma vie, de la réencombrer, de désespérer et de revoir la lumière au bout du tunnel.

Je me présente, Mélanie, la trentaine. On me décrit généralement comme très active : un travail, des engagements militants, associatifs, du sport à gogo et des envies de faire toujours plus. Moi, je préfère citer Elodie (Framagirl) et reprendre sa phrase à mon compte : « Je me suis un peu laissée déborder par trop de trucs, parfois… »

Une transition vers le ZD et un contexte pas très « slow »

Dans un premier temps, il y a l’enthousiasme débordant, l’envie de vouloir tout bien faire de A à Z, en élaborant des recettes super compliquées en mode : « Ouais !! Je vais fabriquer ma crème de jour hydratante à 5 ingrédients, mon carnet de papier recyclé et mon produit vaisselle !! Je passerai au composteur de quartier deux fois par semaine, idem pour le magasin de vrac (à l’autre bout de la ville), le magasin bio, la fromagerie, le marché, sans oublier les grosses courses environ une fois par mois (pour diversifier mon alimentation et payer le moins cher possible). J’aurais un planning, je noterai TOUT, je ferai attention à TOUT, je n’aurais plus de poubelle et en plus j’économiserai des sous, ça va être génial ! »

VS la réalité : « J’ai environ un à deux soirs par semaine de libre au milieu de toutes mes activités et je suis crevée. J’ai tenté de faire une crème hydratante et j’ai gâché des supers produits parce que même si j’ai fait un atelier DIY cosmétiques, chez soi, ça ne fonctionne jamais aussi bien. Le composteur de quartier est dans un square glauque et il fait nuit tôt le soir en hiver, en plus dehors il fait froid, il pleut et j’ai la flemme. Le magasin de vrac est à l’autre bout du monde, les courses intégrales en magasin bio me coûtent un bras, je n’ai pas le temps d’aller à la fromagerie, au marché ou dans tel magasin spécialisé régulièrement et j’ai une foutue supérette juste en bas de mon immeuble (l’honneur est presque sauf, elle comporte un micro rayon bio-vrac). Ma poubelle ne diminue pas aussi vite que je le souhaiterais, en revanche mon compte en banque c’est une autre histoire… Je suis stressée, je culpabilise et j’ai envie de tout envoyer péter. D’ailleurs, c’est ce que je vais faire, tiens, je vais enfiler mon bonnet, mes lunettes de soleil et filer incognito au supermarché m’acheter des pizzas surgelées premier prix et un maxi pot de glace, parce que CROTTE, c’est ça ou pleurer devant un bol de flocons d’avoine à l’eau. »

Ce ras-le-bol généralisé est arrivé au bout d’un an passé à faire de mon mieux (mais pas encore assez à mon goût), me laissant un petit goût d’échec et une poubelle pas exactement vide. Alors, où est-ce que ça a raté ??!

Se connaître, s’entourer et accepter que le chemin sera probablement plus long que prévu…

…pour s’éviter des ulcères.
Après avoir laissé décanter, aujourd’hui je me rends compte que j’ai voulu trop bien faire, tout de suite, en m’appuyant sur ce que j’avais vu / lu au détriment de ma manière de vivre et d’être. Il fallait peut-être que je passe par là pour en déduire quelques basics que je pose ici.

Quand on se lance dans le Zéro Déchet, il y a plusieurs paramètres non-exhaustifs à prendre en compte : le changement des habitudes ancrées depuis longtemps, le temps d’adaptation, ses capacités et ses possibilités, mais surtout SES IMPÉRATIFS. Connaître son mode et son lieu de vie en font partie : quels sont mes horaires de travail ? Quels sont les lieux où je peux faire les courses (marché, supermarchés, magasins bio…) dans mon périmètre ? De quoi j’ai besoin impérativement et qu’est-ce que j’aime consommer ? Si j’ai des enfants, une famille, une colocation, où plaçons-nous le curseur entre l’équilibre collectif et le Zéro Déchet ?

équilibre

Tu as un supermarché avec un rayon vrac et un marché à côté de chez toi alors que le magasin bio / spécialisé / de vrac / trop cool est à l’autre bout de la ville ? Fais au mieux pour toi. Le compost de quartier est saturé, tu n’aimes pas y aller / la flemme / autre, mais tu as des ami.e.s avec un jardin ? Parle-leur, peut-être que vous pourrez installer un tas de fumier ensemble. Tu manges au boulot tous les jours mais tu as peu de temps pour cuisiner ? Essaye de préparer les plats en avance, entre copains-copines, en famille. Mutualise. Simplifie-toi la vie au lieu d’essayer d’être parfait.e tout.e seul.e (et d’échouer). Tu connais mal ta ville et tu n’as pas le temps de chercher les spots parfaits pour faire tes courses ? Les antennes de l’association « Zéro Déchet » sont partout ou presque. Il existe des cartes interactives, des appli mobiles pour t’aider, et même… des macarons collés sur les vitrines des commerçant.e.s sensibilisé.e.s.

Adhérer à des associations ou simplement rejoindre un groupe adapté sur un réseau social peut te faire gagner du temps. Une fois que c’est fait, pose tes questions, tu trouveras des réponses grâce au collectif.

Ça paraît simple, dit comme ça, mais avoir conscience de sa marge de manœuvre, du temps possible à consacrer à la démarche et de ses ressources (incluant son entourage) est très important. Mais surtout, il faut savoir renoncer à la perfection et être bienveillant.e envers soi-même.

En bref

  • Sois acteur.rice de ta vie : décide ce qui est le plus adapté pour toi au lieu de culpabiliser parce que tu n’arrives pas à faire comme dans les livres ou les blogs. Ne te laisse pas porter par des modes d’emploi tous faits, ni couler par des critiques. Il s’agit de ta vie, ta démarche, tes choix (ou les vôtres), pas ceux de tes voisin.ne.s. Fais au mieux pour toi (vous).
  • Entoure-toi : tes proches, même non sensibilisé.e.s à la démarche, sont souvent des aides précieuses et peuvent te soutenir de plusieurs manières. Discutez-en.
  • Prends soin de toi : ne t’enferme pas dans ta démarche, n’en sois pas esclave au détriment de ta santé mentale ou de tes émotions. Si tu te sens comme prisonnier.ère dans ton mode de vie, que tu es angoissé.e ou que tu abandonnes trop de choses pourtant essentielles à ton bien-être (vie sociale…), essaye de prendre du recul. Méditation, voyage, sorties, sport… Se faire du bien, redevenir heureux.ses pour comprendre comment et pourquoi ça a dérapé… et retenter l’expérience autrement !

Liens utiles

©Photographies

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *